Les Îles avec les Elles,
partenaires essentielles
cgPage d'accueilPlan du siteAjouter aux FavorisImprimerEnvoyer à un amicd
search_left
 

Les textes présentés dans cette section nous ont été soumis par les personnes

ayant appuyé les lauréates  lors du processus de  sélection.  La  Sentin'Elle n'a

modifié ni le contenu ni la forme des présentations.

 
Vign_Capture

1997 - DENISE LEBLANC

"Accéder au pouvoir quel qu'il soit, c'est se mettre en situation de responsabilité. C'est ainsi que dans leur quête du pouvoir, les femmes ne revendiquent pas un droit de plus, mais la possibilité d'être en devoir. Non pas vouloir pour vouloir, mais amarrer sa liberté  à un projet qui aura lieu et dont il faudra répondre auprès des autres."    Francine McKensie


PEU D’HISTOIRE
                              
Denise est née le 15 décembre 1949 à l'Étang-du-Nord. Elle est la fille de Maria  Leblanc et de Redger Leblanc dit Redger au Petit Canot. Elle vient d'une imposante famille de vingt enfants ; dix filles et dix garçons dont quinze sont toujours vivants.

Dès sa petite enfance, Denise un intérêt et un talent inouï pour l'écriture, entre autres par la composition de prières que ses parents prenaient plaisir à lire et plus tard, par les premiers prix qu'elle raflait lors de nombreux concours littéraires. Ceux-ci l'Ont menée à Expo 67 et en France. Ce goût pour l'écriture l'amène à poursuivre ses études au Collège  de l'Assomption, au Collège de Gaspé et à l'Université Laval où elle obtient en 1972 son baccalauréat en lettres et en journalisme. De retour aux Îles, elle travaille à la fois comme journaliste pour le journal Le Radar, comme  professeure pour la polyvalente des Îles et pour le service d'Éducation des adultes du Collège de la Gaspésie. En 1974, Denise retourne  aux études où elle termine une mineure en sciences politiques et s'inscrit l'année suivante à la faculté de droit.

Et voilà ! La piqûre fait son effet et Denise se retrouve en pleine campagne électorale pour le parti Québécois où elle est élue députée des Îles-de-la-Madeleine. Petit bout de femme "de sur les Caps", elle défait Louis-Philippe Lacroix lors des élections de 1976. Elle devient donc la première femme députée des Îles, l'une des premières députées originaires de notre coin de pays et plus tard, la première personne des Îles à occuper un poste de Ministre. Jusqu'en 1979, en plus d'être députée des Îles à l'Assemblée Nationale du Québec, Denise est adjointe parlementaire au Ministère de l'industrie et du commerce, secteur Pêcheries commerciales.

En 1978, elle épouse Edward Bantey et donne naissance, le 15 avril 1979, à son unique fille Sarah-Maria. Elle devient, en Amérique du Nord, la première femme députée à accoucher en cours de mandat, amendant ainsi la loi de l'Assemblée Nationale qui reconnaît , à partir de de ce jour, les absences à l'Assemblée pour cause de maternité.

De 1979 à 1981, elle est responsable du secteur des pêches au Ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation et des Pêcheries. Elle est à la tête du mouvement du "Oui" aux Îles lors de la campagne référendaire de 1980. Réélue pour un deuxième mandat comme députée des Îles en 1981, Denise se voit confier le poste de Ministre de la Fonction publique où elle propose et fait adopter par la Chambre une réforme majeure de l'administration publique. En 1983-84, elle obtient le privilège d'être membre du comité des priorités, ce qui lui donne un pouvoir supplémentaire de décision dans les champs d'action du gouvernement. La même année, elle est nommée Ministre déléguée à la Condition Féminine où l'amélioration des conditions de vie des femmes devient sa principale  préoccupation. La scission du Parti Québécois en 1984 l'oblige à démissionner comme membre de son gouvernement et comme députée du Parti Québécois. Denise pose ce geste par fidélité à elle-même et pour tous ceux et celles qui l'ont appuyée depuis les débuts de sa vie politique. Elle siège alors comme députée indépendante, c'est-à-dire sans allégeance à un parti politique jusqu'à la fin de son mandat. En 1985, elle est présidente du Rassemblement démocratique pour l'indépendance, R.D.I.

À la sortie de sa vie politique, Denise retourne dans le domaine de l'enseignement comme chargée de cours à l'Université du Québec à Montréal. De 1988 à 1995, elle occupe le poste de directrice générale pour un centre de réhabilitation à Montréal dont la mission consiste à la réinsertion sociale d'ex-psychiatrisés. En 1995, elle est consultante et travaille à ce titre pour la Commission sur l'Avenir du Québec, pour le dossier du bilan sur la loi 101 et pour la Société Loto-Québec. Depuis 1996, la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal publiait un volume intitulé 160 femmes du Québec 1884-1994, pour rendre hommage aux femmes québécoises ayant hautement contribué à l'essor du Québec. En inscrivant Madame Denise Leblanc au nombre de celles qui ont participé à l'Histoire des femmes du Québec, la Société Saint-Jean Baptiste a honoré le travail accompli par notre compatriote.

 

SES IMPLICATIONS...

C'est surtout à titre de députée des Îles-de-la-Madeleine pendant neuf ans que Denise a travaillé avec acharnement au mieux-être des Madelinots et des Madeliniennes. Denise a su nous représenter d'une façon exceptionnelle ! Avec toute son énergie, elle a travaillé fort pour faire connaître auprès de ses collègues provinciaux les particularités de notre milieu insulaire, et de faire valoir sa vision de femme, dans un monde d'homme.

Denise a contribué d'une manière tangible à la santé économique, sociale et culturelle des Îles. Sa première réalisation fut sans doute de mettre un terme à la partisanerie politique dans les emplois, en mettant désormais l'accent sur la compétence et l'honnêteté des gens. C'est incontestablement dans le secteur des pêches que Denise s'est le plus démarquée. Rappelons-nous tout le travail qu'elle a accompli avec le ministre Jean Garon alors qu'elle était responsable de ce secteur : la zone des deux cents milles, Madelipêche, l'aide financière accordée aux pêcheurs ainsi que l'aide attribuée au niveau des infrastructures locales. Elle s'est par ailleurs grandement préoccupée des secteurs de l'agriculture et de l'environnement, du développement touristique et du secteur de la santé et des services sociaux, notamment par la reconnaissance du besoin d'établissements dans le réseau tels que le Centre de Réadaptation des Îles, la Villa Plaisance et les H.L.M. des Îles. Si on parle du développement économique, on ne peut passer sous silence son apport dans la réalisation du projet Mines Seleine. Denise a également contribué au développement du secteur communautaire et culturel. À titre d'exemple, mentionnons la mise sur pied de notre radio communautaire, de la garderie La Ramée, du Regroupement des Femmes La Sentin'Elle, de l'Association touristique régionale des Îles, de la consteuction de la piscine régionale des Îles, de la Base de Plein Air de Grande-Entrée et de l'implantation d'un campus Collégial qui fut un grand pas pour le secteur de l'éducation aux Iles. Mentionnons également les dossier sur l'aménagement du territoire, le plan de reboisement, la gestion des déchets et l'allongement de la piste de l'aéroport. Ses interventions ont obligé le gouvernement à délier les cordons de la bourse en investissant un peu plus de deux cent millions de dollars en subvention et autres projets de développement sur notre territoire. Son sens de la justice sociale a fait en sorte que tous les secteurs d'activités en ont bénéficié. Femme de communication, elle a su établir tout au long de sa carrière politique un dialogue serein, intelligent, empreint de compréhension et de tolérance avec tous les intervenants.

Denise aura donc été un élément déterminant dans le paysage politique des Îles-de-la-Madeleine et du Québec. Il serait bon de souligner parmi ses ses nombreuses réalisations, le maintien du comté des Îles-de-la-Madeleine lors de la refonte de la carte électorale du Québec au début des années 80, ainsi que la reconnaissance géographique des Îles sur la carte nationale du bulletin météorologique. C'est peut-être de là que nous vient l'adage : "C'est Denise qui nous a mis sur la carte !" 


 
SES VALEURS...

Il est assez juste de prétendre que les principales valeurs inhérentes aux attitudes et aux comportements de Denise Leblanc de même que son exceptionnelle conscience sociale ont ravivé la fierté et la dignité du peuple madelinot; nous avons pris conscience de notre capacité à mener seul notre barque, car nous avions tout pour nous prendre en main collectivement. Combien de fois Denise a vanté le courage et l'esprit de solidarité des insulaires qu'elle représentait !

Denise est fondamentalement humaniste et c'est ce qui la caractérise le plus. Dans toutes ses interventions, elle prône les valeurs de justice, de tolérance, de respect et d'égalité. Elle revendique la transparence et la franchise. Femme de cœur et femme de tête, elle est reconnue pour sa vivacité d'esprit, sa grande intelligence, sa capacité de discernement et son leadership. Sensible à la misère humaine, cette femme de cœur travaille avec ouverture d'esprit, souplesse et patience. Son esprit d'initiative et sa détermination en font une femme remarquable.

Ceux et celles qui l'ont côtoyée savent que Denise est une femme intègre, pleine de courage et de sensibilité. C'est un honneur et un privilège pour toutes les femmes des Îles d'inscrire dans notre patrimoine culturel l'oeuvre d'une pionnière qui s'est démarquée de façon exceptionnelle par son dévouement pour la reconnaissance de l'identité du peuple madelinot.

 

 

 

Présentation de la candidate : Colette Cormier-Montigny avec l'aide de Johanne Leblanc

 

© 2014
Créer un site avec WebSelf