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ayant appuyé les  lauréates lors du  processus  de sélection.  La Sentin'Elle  n'a

modifié ni le contenu ni la forme des présentations.

 

2000- Marie-Anne Boudreau

 

SON HISTOIRE

Marie-Anne est née à Havre-Aubert le 28 août 1943. Elle est la fille de Gertrude Bourgeois et de René Boudreau. Elle est la 13e d'une famille de quinze enfants, dont dix garçons. À treize ans, son cours élémentaire terminé, elle reste à la maison pour aider sa mère. Elle fait le ménage, la cuisine, le lavage et s'engage comme servante dans les familles. De 1959 à 1962, elle travaille comme journalière à la Maritime Packers. À 19 ans, elle épouse Léo-Paul Lapierre et met au monde quatre filles. Elle demeure à la maison pendant quelques années et retourne sur le marché du travail en 1969 où elle sera journalière au Fumoir à hareng de Havre-Aubert. Malheureusement, la maladie emporte son mari et Marie-Anne devient veuve à 28 ans. Elle doit continuer sa route et se débrouiller seule pour faire vivre ses quatre enfants qui sont, à ce moment là, âgées entre 4 et 8 ans. Pour combler sa solitude et retrouver confiance en la vie, Marie-Anne devient membre de la chorale paroissiale. Elle y participe encore avec autant d'ambition après 27 ans. Pendant quelques années, elle fera partie des Filles d'Isabelle, mais devra abandonner faute de gardiennes. Puis, à l'exemple de sa mère, elle entre dans le Cercle des Fermières. Elle y participe toujours à titre de membre active. Elle travaillera de 1975 à 1985 comme commis-vendeuse  au magasin Hector Hébert et, de 1985 à aujourd'hui, à Madelipierre. C'est en 1975 qu'elle unit à nouveau sa destinée, cette fois à celle de Jean-Louis Boudreau. Marie-Anne est maintenant grand-mère de cinq petits-enfants.                       


SON IMPLICATION

Par ses engagements, Marie-Anne a contribué à l'amélioration des conditions de vie familiale et sociale de notre communauté. C'est d'abord au cœur de la famille que Marie-Anne s'investit. Elle quitte l'école pour aider à la maison et y apprendra, sous la tutelle de sa mère, tous «les métiers de la femme au foyer» que l'on nommait à l'époque : les arts domestiques. Elle s'engage ensuite comme servante et offre ses services d'aide familiale aux mères qui en ont grandement besoin. Très tôt, Marie-Anne devient solidaire de ces femmes qui portent à bout de bras l'ensemble des responsabilités familiales. Puis, elle fonde sa propre famille et met à profit toutes ses connaissances et tous ses talent pour faire de sa maisonnée un lieu d'épanouissement. Elle conservera, tout au long de sa vie, cet esprit de famille qui l'anime. La promotion des valeurs familiales et l'amélioration des conditions de vie familiale seront des préoccupations constantes qui se refléteront dans l'ensemble de son oeuvre.

Avec les fermières, Marie-Anne trouve un canal d'expression. Habile artisane et femme ambitionnée, elle veut parfaire ses connaissances. Elle suivra des cours de tissage et de macramé, et deviendra responsable du comité des arts domestiques.

Motivée par ses objectifs du Cercle de Fermières qui correspondent à ses convictions, elle accepte la présidence de son cercle à Havre-Aubert et siège à l'exécutif au niveau régional. De fil en aiguille, elle deviendra présidente de la Fédération 21, de 1993 à 1999.

Elle y défendra brillamment les dossiers concernant la pauvreté des femmes, la violence et l'environnement.Elle interviendra spécialement dans les dossiers concernant les conditions de vie et le bien-être des familles, car ces réalités, elle les a vécues. Toujours sous la bannière des Fermières, elle fera partie du comité local de la Marche du Pain et des Roses en 1995. Elle donnera à ses consœurs le goût de s'engager davantage afin de sensibiliser et de dénoncer la pauvreté que vivent les femmes. La reconnaissance du travail des mères qui n'ont pas droit à une rente du Québec, les difficultés que vivent les familles monoparentales et le manque d'emploi qui vient augmenter le nombre de familles défavorisées font également partie de ses préoccupations.

La transmission du patrimoine artisanal est une tâche à laquelle se consacre Marie-Anne. Lors de son mandat comme présidente régionale chez les Fermières, elle mettra en place des cours offerts aux enfants afin de les initier aux arts textiles. C'est une artisane hors pair qui n'a jamais cessé ses activités. Même en l'an 2000, Marie-Anne continue de tisser. Elle est toujours une membre active au sein des Fermières de sa localité. Malgré ses nombreuses occupations, elle trouve le temps de boulanger et de faire son «pain de ménage». Elle garde bien vivante la tradition de nos mères et transmet ce savoir à ses filles et aux jeunes fermières intéressées. Pour Marie-Anne, l'initiation des jeunes aux travaux manuels et aux arts domestiques est un moyen pour encourager et développer leur autonomie.

Marie-Anne ne compte pas ses heures. Avec tout son cœur, elle met la main à la pâte pour les loisirs de sa municipalité. Elle monte des pièces de théâtre et accepte même d'y jouer des rôles. Les profits recueillis seront versés au Musée de la mer et à la maison des jeunes de l'île du Havre-Aubert. Cette années une autre pièces de théâtre est organisée au profit de la Fabrique. Lors des carnavals, c'est Marie-Anne et sa sœur Rita, via les Fermières, qui organisent l'activité du «brunch».

Marie-Anne participe également aux activités paroissiales. Depuis 27 ans, elle fait partie de la chorale de l'église de Havre-Aubert et sa constance est remarquable. Elle sera responsable du comité de pastorale et prendra la responsabilité, pour sa paroisse, de l'émission religieuse intitulée «L'aube d'une réflexion», diffusée à CFIM.

Dès 1988, Marie-Anne s'implique dans le comité de parents à la Polyvalente, où elle exprime ses inquiétudes face aux résultats scolaires des élèves. Pour elle, préparer les enfants au marché du travail et les aider à réussir leurs études sont des responsabilités parentales et sociales. Investir dans l'éducation, pour Marie-Anne, c'est important!

Marie-Anne deviendra membre active du Centre d'action bénévole en 1989. Elle suivra le cours «Approche aux mourants» et accompagnera ceux et celles qui n'ont plus de famille. C'est une femme discrète et réconfortante. Travailler auprès des personnes âgées et des malades fait toujours partie de ses préoccupations. Sa jovialité remplit les cœurs, elle est pour ces personnes un rayon de soleil.

Femme coopératrice, Marie-Anne n'hésite pas à collaborer aux activités bénévoles de son conjoint. Épouse en deuxième noce d'un membre des Chevaliers de Colomb, elle participe aux activités du comité familial de l'organisme.

Avec les capacités d'organisation et de panification qu'on lui reconnaît, Marie-Anne se voit confier, à l'automne 1999, la responsabilité de la campagne de financement pour l'Association du cancer de l'Est du Québec. La tâche est ardue, mais l'activité sera un franc succès.

Marie-Anne est de tous les métiers : cuisinière, décoratrice de gâteaux, ménagère, couturière et...«barbière». Elle coupe les cheveux de ses enfants et maintenant de ses petits-enfants. Ses qualités de «barbière» sont bien connues dans le canton; que de fois la parenté et les voisins auront recours à ses services! Sans contredit, Marie-Anne se distingue par ses capacités diversifiées et par ses nombreux engagements.

 

PERSONNALITÉ

C'est à travers ses épreuves et ses expériences de vie que Marie-Anne apprend à reconnaître la grande force qui l'habite. Elle transmettra à son entourage cette foi dans la vie, cette notion de «confiance» qui lui a permis de foncer et d'agir. Marie-Anne est une personne ouverte qui croit au potentiel de chacun. Son approche est simple et franche : pour assurer de bonnes relations et obtenir la réussite dans ses réalisations individuelles et collectives, il faut se faire confiance, avoir confiance et sentir que l'on a toute la confiance. Dans cet esprit, elle donne à ses consœurs le goût de s'engager et de prendre des responsabilités. Elle les encourage dans la défense de leur droits et convictions, priorise la discussion ouverte sur les problèmes que vivent les femmes et les amène à réfléchir et à trouver par elles-mêmes des solutions.

C'est bien connu, Marie-Anne est une femme dynamique, «une boute-en-train». Joyeuse et pleine de «pep», elle est un courant d'énergie pour tous ceux et celles qui la côtoient. La notion de plaisir fait partie de son quotidien et la lourdeur d'une tâche ou d'un travail est vite transformée en une belle complicité.

La persévérance et la constance sont les lignes directrices qui guident Marie-Anne et qui en font une femme fiable sur qui on peut toujours compter. Et quand Marie-Anne s'engage, ce n'est pas à moitié. Son leadership et son efficacité sont reconnus dans l'ensemble de ses implications. Elle planifie, organise, coordonne, en plus d'être une grande rassembleuse. C'est une femme motivée qui a de l'ambition et de la volonté. Selon le dictionnaire Le Petit Robert : «La vaillance est le courage d'une personne que la souffrance, les difficultés, l travail n'effraient pas. Elle est une valeur guerrière synonyme de bravoure.(1)» Et bien! La vaillance est certainement la valeur qui caractérise le mieux Marie-Anne.

Marie-Anne est une femme affranchie. Pour elle, la liberté et l'autonomie sont indissociable. Comme la roue qui tourne, la liberté mène à l'autonomie et l'autonomie à la liberté. Marie-Anne est une femme autonome pour qui la liberté est aussi importante que l'air qu'elle respire.

Marie-Anne a démontré la valeur sociale et économique du travail non reconnu par les résultats tangibles de son implication. Son enthousiasme et son dévouement en font une femme exceptionnelle qui mérite toute notre admiration et notre reconnaissance. Par sa généreuse participation à la vie communautaire, elle est un exemple et un modèle pour nous toutes.

 

PRÉSENTATION DE LA CANDIDATE ET RECHERCHE :

Fabienne Chevrier

 

(1)Robert Paul, Le petit Robert 1 Dictionnaire de la langue française, édition les Dictionnaires Le Robert, 1991.

 

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