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Les textes présentés dans cette section nous ont été soumis par les personnes

ayant appuyé les lauréates  lors du processus de  sélection.  La  Sentin'Elle n'a

modifié ni le contenu ni la forme des présentations.

 
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1993 - MARTHA CORMIER REID

 UN PEU D’HISTOIRE

Madame Martha Cormier est née à Havre-Aubert le 19 juillet 1921. Elle est la fille de Lynn Sullivan et d'Augustin Cormier, contracteur et vendeur de matériaux de construction. Elle est la 2e d'une famille de 9 enfants. Elle a trois sœurs et cinq frères, ce qui la force a prendre sa place si elle veut se faire entendre. C'est donc dans sa famille immédiate qu'elle manie les rudiments de l'audace et du leadership qui la caractériseront dans chacune de ses expériences.

Elle complète une septième année a l'école Ste-Anne de Havre-Aubert et la vie se chargera de lui enseigner tout ce qu'elle aurait du savoir ou aurait voulu savoir pour assumer les responsabilités qui l'attendaient. Elle travailla pendant quelques temps comme commis au magasin général sur la Grave mais comme c'était pendant la guerre et qu'on avait besoin de main d’œuvre, elle s'en va travailler à Québec dans un dépôt de munitions. A ce moment-là, de nombreuses femmes ont été salariées sans que personne ne remette en question leur travail puisque les hommes étaient au front. Madame Martha a été l'une de ces travailleuses à salaire de cette courte période.

Elle revient  aux  îles après quelques années et  épouse Fernand  Reid en  1945.   Fernand est le fils  de  Clodomir Reid et de Éva Cormier. Quatre enfants naissent de cette union: Claire, Louise, Diane et Gilles. Quand le petit dernier eut six ans, Madame Martha s'est retrouvée sur le marché du travail sans trop y croire et même sans trop le vouloir!

 
C'ÉTAIT POUR RENDRE SERVICE

Martha n'avait pas, comme bien des femmes de l'époque, l'habitude de dire "non" lorsqu'on lui demandait quelque chose. En 1964 donc, elle accepta, pour rendre service, de remplacer le gérant de la caisse de Havre-Aubert. Celui-ci avait trouvé meilleur salaire ailleurs. Ce travail qui devait être un emploi temporaire dura dix ans. Durant deux ans et demi, elle était la seule employée, à voir à tout sans aucune vacance. Il fallait en plus, travailler dans des conditions physiques pas très modernes (pas même de toilette). Après quelques années, on y installa une toilette mais il fallait à chaque matin, apporter son 5 gallons d'eau afin de la faire fonctionner.

Elle fut donc propulsée dans un monde qui avait toujours été réservé aux hommes. La première réalité: un salaire de cent dollars par mois comparativement à celui de cent vingt cinq qu'un homme aurait gagné au même emploi!!

De plus, la tâche était ardue, elle devait tout faire à la main: les dépôts, les retraits, calculer les intérêts, etc. Il n'y avait  qu'une petite additionneuse à manivelle. De plus, que d'heures supplémentaires elle effectuait et cela sans rémunération. Le samedi elle faisait le ménage de la caisse, en spirée elle mettait les livrets des coopérants à jour. Tout cela, elle l'apprenait sur le tas, en vérifiant les façons de faire de son prédécesseur. II n'y avait aucune formation disponible à cette époque- là. L'actif de la caisse était de 113,000 dollars en capital. Une réunion du comité de crédit se tenait à tous les mercredis soir avec la gérante et le conseil d'administration.

Comme Madame Martha était très économe, (aujourd'hui on dirait aussi "écologique") elle réutilisait l'endos du rouleau de la machine à additionner. Plusieurs en n'auraient pas fait autant. Et il ne fallait pas utiliser plus d'un stylo  à la fois dans le bureau.

Pendant tout ce temps, de semaine en semaine, elle s'attendait à trouver un remplaçant car pour elle c'était un monde d'homme. Il n'y avait aucune femme gérante, aucune femme administratrice connue à cette époque. Mais cela dura 10 années. Dix années pendant lesquelles elle ne réalisait pas vraiment qu'elle venait de faire un pas pour que d'autres femmes s'intéressent au monde de la finance.

Au début des années 1970, s'offre enfin pour elle la possibilité de suivre deux cours de comptabilité avec l'Éducation aux Adultes. Occasion qu'elle saisit et apprécie fortement. Elle suit donc ces cours avec grand intérêt. L'année suivante, elle reçoit un nouveau cours de comptabilité offert par l'entremise des caisses populaires.

En 1974, elle quitte son poste et est remplacée par Henri Carbonneau. Elle est très fatiguée, la tâche était devenue de plus en plus lourde. Par contre, comme elle est très fascinée par la nouvelle technologie et comme le nouveau gérant introduit le système informatique, de gérante elle devient caissière pour se familiariser avec ce nouveau système qui l'impressionnait au départ. Et elle devint donc, là encore, maître de la machine.

 
SA RETRAITE

Elle a fait un travail remarquable dans le domaine coopératif. Elle a pris sa retraite en 1982, mais n'a jamais cesse d'être active et impliquée dans son milieu. Elle demeure maintenant à L'Etang-du-Nord et trouve que les journées n'ont pas assez d'heures pour réaliser tous ses nombreux projets. Elle fait partie de l'équipe des bénévoles et siège sur le comité de bénévoles de la Villa Plaisance. Elle sait égayer les cœurs de ces nombreux bénéficiaires en jouant du piano régulièrement pour eux. Elle ne refuse jamais de jouer et elle est heureuse quand elle peut apporter un peu de joie dans la vie des gens. II faut dire qu'on lui confie facilement des tâches administratives ou financières: elle est secrétaire de la Fédération des Clubs de l'Âge d'Or de l'Est du Québec depuis de nombreuses années et assiste 4 a 5 fois par année aux réunions qui se déroulent à Rimouski. Elle représente également les Îles au congrès annuel.

Madame Martha joue aux quilles régulièrement, va à la piscine, prend part aux activités de l'Âge d'Or chaque semaine et s'occupe de la chorale des aînés à Lavernière. Elle fait partie de la chorale du bicentenaire, qui est sous la direction de Madame Yolande Painchaud. À travers tout cela, Madame Reid trouve le temps de voyager. Elle est allée en Europe plusieurs fois, a visité l'Ouest canadien et se permet quelques saucettes au pays du soleil: Hawaï, Floride, Tempa, Ford Lauderdale. L'hiver ne la rebute pour autant: elle aime bien patiner et pratiquer le ski de fond. Elle rassemble des tas de notes et de récits sur ses ancêtres et sa famille immédiate et elle aimerait un jour condenser tout ça dans une biographie. Le récit   de   ses  voyages   est   une   autre   chose   qui   fait   partie   de ses  nombreux    projets. II   ne   reste   plus qu'à   souhaiter  à  Madame  Martha  de   pouvoir réaliser  tous  ses  rêves !

 

Geneviève Cyr

 

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